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Keyboard and Mouse

Le Héros Fatigué

Wave

J’ai encaissé les coups,
J’en ai donnés beaucoup.
J’ai proposé la paix,
J’ai reçu une bordée.

Héros, masqué et légendaire,
Je m’érige contre les tortionnaires.
Dépourvu d’ambition et d’enjeu politique,
Je protège les faibles des griffes despotiques.

La solitude m’enveloppe, elle est incontournable ;
La discrétion s’impose pour être invulnérable.
Je ne peux accepter de désigner pour cible,
Tout ami ou amour me rendant corruptible.

Mais plus le temps s’égrène et lentement s’écoule,
Plus ce monde que j’aimais se dégrade et s’écroule,
Plus mon cœur est rongé d’un douloureux chagrin,
Moins je comprends le sens, moins je comprends l’humain.

Aujourd’hui, un vent glacial de chaos souffle,
Détruisant les espoirs qui peu à peu s’essoufflent.
Ce mal progresse si vite,
Que l’honnêteté s’effrite.

Tout ceux qui ne juraient que par la liberté,
Galvaudent ce concept pour le dénaturer.
Des compromis surgissent, et l’individualisme,
Grignote et s’immisce, serviteur docile du totalitarisme.

De nombreuses victimes que votre héros défend,
Par ignorance ou bêtise, viennent grossir les rangs,
D’une armée d’âmes perdues aux valeurs malléables,
Dont la mémoire trop courte provoque l’inévitable.

Un jour les uns m’admirent et même m’applaudissent,
Le lendemain ils m’ignorent ou parfois me maudissent.
Certains trouvent des excuses,
D’autres critiquent, accusent.

Pendant que l’opinion débat, tergiverse, se déchire,
La misère progresse, assombrit l’avenir.
S’installent la souffrance, la colère, la douleur.
Égalité, Fraternité vacillent, et doucement se meurent.

Au lieu de tous s’unir pour m’aider dans la lutte,
Ils observent le spectacle en redoutant la chute.
Est-ce par négligence ?
Manquent-ils de clairvoyance ?

N’est-ce pourtant pas très clair qu’on les manipule ?
Est-ce si dur à admettre que de sombres crapules,
Ne désirent pas le bien de leurs concitoyens ?
Qu’ils veulent tout dominer, quels que soient les moyens.

Pour sortir vainqueurs de cette immonde guerre,
Il faut bien davantage qu’une simple prière.
Il faut choisir son camp, être un peu solidaires.
Il faut ouvrir les yeux, retirer ses œillères.

A l’heure où mes combats, mes victoires éphémères,
Ne font que retarder l’échéance meurtrière,
Mes bras vaillants, solides et justiciers,
Contiennent les assauts mais tendent à s’épuiser.

Et Pire que la fatigue qui gagne mon physique,
C’est mon esprit qui cède à des pensées sceptiques.
A quoi bon batailler tout seul et affaibli,
Pour tenter de sauver notre pauvre pays.

Si personne ne se lève pour montrer le chemin,
Si tout le monde attend un geste du voisin,
Nul ne pourra sauver le sort de vos enfants.
Ils seront condamnés à cause de leurs parents.

Hier héros, aujourd’hui, plein de doutes ;
Pour échapper à l’inéluctable déroute,
J’implore votre bon sens,
Je compte sur vos consciences.

Si vous ne comprenez pas qu’il est temps de changer,
Si vous ne m’aidez pas, à me revigorer,
Si je me sens trop seul, pour repousser l’ennemi,
Nous perdrons fatalement face à la tyrannie.

© Richard Monduc

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